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Créateurs / Déco & Jardin

Rencontre avec un antiquaire voyageur

Aujourd’hui nous allons nous promener en Asie. Vous me direz, ce n’est pas vraiment à l’ouest cette adresse. Mais bien sûr que si, en voici la preuve.



Ce week-end, vous pourrez découvrir la nouvelle exposition d’antiquités asiatiques et de luminaires designs au domaine de Quincampoix. Et si vous êtes sages et que vous lisez cet article jusqu’au bout, vous gagnerez même une invitation à une pièce de théâtre ce samedi. Alors ? On dit merci qui … 

Samedi 30 novembre et dimanche 1er décembre

Exposition Antiquités du monde au  Domaine de Quincampoix.

+ de 1000 m² d’exposition

Vente exceptionnelle au domaine de Quincampoix

Il y a un an, je vous présentais mon coup de coeur pour le Domaine de Quincampoix (à lire ici), magnifique  bâtisse du XVIIè siècle où réaliser vos réceptions privées ou professionnelles. Il se trouve que son propriétaire, Thierry Grundman, est un antiquaire spécialisé dans les pièces asiatiques. Il y a dix jours, il m’a demandé de parler de sa prochaine exposition sur le blog. De fil en aiguille, nous en sommes venus à échanger par mail sur son métier d’antiquaire mais aussi sur le processus de création d’une ligne de produits de décoration en Inde. 


Réceptions au Domaine de Quincampoix




A lire les mails de Thierry Grundman, j’ai des images de trains et d’ateliers de fabrication en Inde plein le tête. Si un jour je réussis à repartir vivre à l’étranger, je me lancerai dans une aventure similaire. Bon, grosso modo, je veux la vie de Thierry: le domaine de Quincampoix et sa société d’importation d’antiquités. Il ne manquerait plus qu’il se mette à écrire un blog et là, je commets un crime (il ne faut quand même pas me piquer tous mes rêves).

Je vous laisse découvrir cet échange épistolaire (bon en vrai, un échange de mails) sur le thème de raconte moi ta vie de voyageur.







Paris à l’ouest (PAO) : Pourquoi êtes vous en Inde ?

Thierry Grundman (TG): Je suis actuellement en Inde pour collecter des meubles et objets insolites pour mes prochaines expositions au Domaine de Quincampoix et à MAISON&OBJET en janvier. Je suis accompagné par un designer américain vivant en France : Mark Eden Schooley, qui a notamment réalisé les lampes pour la maison de Gandhi à Johannesbourg en Afrique du Sud.

Outre les antiquités que nous recherchons, nous concevons ensemble une ligne de luminaires pour la marque Atmosphère d’Ailleurs, il s’agit de mobiles lumineux, réalisés à la main, (nous souhaitons promouvoir les savoir-faire traditionnels des artisans indiens).

La genèse
d’une famille de produits est une aventure passionnante….
On peut perdre
quasiment une semaine à ne pas avancer et puis soudainement le projet aboutit
en 2 jours. Beaucoup de détermination, de créativité, quelques ratages, un peu
de chance, de belles rencontres, une volonté partagée de réaliser un bel objet
et ça y est…

Nous étions toute la journée dans des ateliers d’artisans, et n’ayant pu fabriquer les prototypes de nos lampes à Delhi, nous avons pris le soir même le train de nuit pour Jodhpur. 11h de train pour environ 350 KM !!!

Arrivé à Jodhpur, nous sommes allés directement dans des ateliers… et là, la journée  a été très fructueuse sauf en terme de communication (pas d’internet pendant 48h).


Show-room Atmosphère d’Ailleurs

PAO :  Comment avez-vous commencé votre carrière de chercheur d’antiquités asiatiques ? 

TG : La première fois que je suis parti en
Inde, c’était en 1998 avec ma femme Pascale, qui a travaillé dans l’humanitaire
pendant 14 ans, elle s’y rendait pour des projets de développement (éducation et
santé des enfants).

Quand à moi, j’évoluais dans l’univers de
la décoration de la maison. Lors de ce premier voyage, j’ai trouvé tellement de
belles pièces que j’en ai rempli deux conteneurs. L’un dans le nord, l’autre
dans le sud de l’Inde. Meubles coloniaux des anciens comptoirs de Pondichéry,
antiquités Indo-portugaise de Goa, objets vernaculaires en bois, pierre, métal,
sculptures, en bronze de l’Orissa, pirogue ou boites à épice du Kérala etc…
etc.. 

Lorsque chez certains marchands du
Rajasthan, je voyais des centaines de portes monumentales et autres éléments
d’architecture de maison, ou de palais, j’avais l’impression d’un véritable dépeçage
du patrimoine Indien. 
La demande stimule l’offre. Aussi décidais-je
de me limiter au mobilier et objets, sans toucher aux éléments d’architecture.

De témoignages en témoignages, j’ai
compris que l’Inde, en plein développement, et compte tenu de sa croissance démographique
détruisait beaucoup pour construire des infrastructures et des logements. Jusque
dans les années 70, tant qu’il n’y avait pas de marché à l’export, ces portes,
ou colonnes, en bois étaient brulées par les ouvriers pour faire la cuisine. 

Le marché à l’export a suscité un
artisanat de la restauration. Aujourd’hui, le moindre morceau de bois ancien est
réemployé. Cette filière fait vivre 30.000 personnes à Jodhpur.

Prétexte à la bonne conscience des
importateurs ? On pourrait le croire, mais sur place, la vitalité de ce secteur
est une réalité, et le réemploi permet de sauver et de restaurer chaque année des
milliers d’éléments du patrimoine ancien (principalement pour l’exportation,
mais aussi pour le marché intérieur).




Sélection de pièces uniques






Peut-on acheter tout type d’antiquité ou bien il y a des restrictions de la part de l’état par exemple qui ne souhaiterait pas voir ses antiquités quitter le pays ?



Les bronzes et les pierres très anciennes ne peuvent quitter le pays. Tout ce qui est chargé dans un conteneur fait l’objet d’une inspection douanière systématique en Inde et aléatoire à l’arrivée en Europe.

Comment
sait-on qui aller voir en Inde pour fabriquer ses produits ?

J’ai été une cinquantaine de fois en Inde
pour collecter des antiquités, j’y ai des amis, j’y connais beaucoup de
marchands, pour les pièces anciennes, j’ai mes sources. Pour la fabrication, ça n’a rien à voir. Les circuits sont très différents. Et sans connaître, vous
avez 9 chances sur 10 de recevoir des produits invendables en raison de leurs
finitions déplorables. 

Je ne savais vraiment pas qui aller voir.
J’ai donc fait appel à un agent, spécialiste du sourcing, censé connaître des
fabricants pour tout ce que l’on souhaite produire en Inde. 

Mais cette rencontre s’est révélée être
une perte de temps et d’argent; rien n’a abouti, les entreprises ne comprenaient
pas ce que nous voulions, et la laideur de leurs produits ne nous inspirait pas
non plus. 
En outre, elles nous imposaient des
quantités exorbitantes. 

Nous avons donc inversé le processus de
création. Au lieu de s’acharner à faire réaliser nos idées, j’ai demandé à un
de mes fournisseurs de me présenter différents ateliers d’artisans, et nous
sommes partis de leur savoir faire.

Bols asiatiques

Comment savoir si l’artisan est fiable ?


 Si la première rencontre se révèle positive (ce qui ne fût pas la cas à Delhi, sauf pour un fournisseur, ) on travaille avec lui dans son atelier, on réalise un prototype de chaque pièce en lui indiquant nos critères de qualité. Puis on passe la commande. A Jodhpur, l’un de mes fournisseurs et  ami qui réalise la partie bois de la lampe recevra l’ensemble des pièces et contrôlera la qualité. On lui a fait une check list de chaque étape de fabrication et chaque point de contrôle nécessaire.

Ensuite, on prie… car en Inde on est jamais à l’abri de surprises hallucinantes… That’s India !!!

Quelle
est votre journée type en voyage de création ?

Elles sont toutes différentes. C’est
comme une chasse au trésor. On peut perdre beaucoup de temps à suivre une
mauvaise piste, il faut savoir faire marche arrière, être à l’écoute, observer
le savoir faire des artisans et en déduire ce qui est possible de faire et ce
qui ne l’est pas. Si on leur pose la question, tout est possible. 
Comme ils veulent nous faire plaisir et
travailler, c’est toujours oui




Paniers et table en bois brut






Comment se conçoit une nouvelle ligne de produits ?

Le préambule à la création est d’abord la
vision de ce à quoi on veut aboutir, l’idée directrice, le fil conducteur de la
collection. 

La définition du produit se résume en 3
mots : 

Le concept : il se définit en fonction de
nos goûts, un positionnement, une cible.

Le design : il repose sur des matériaux
naturels, la simplicité des formes et l’exigence de créativité. 

L’usage : il se doit d’être ultra simple et
le produit intemporel donc pérenne.

Le prix, la technique et la logistique font
également partie intégrante du processus de création. 

Bien que très présent dans mon esprit,
tout cela est encore complètement informel, lorsqu’on travaille avec les
artisans. 
Ce qui laisse grand ouvert le champ des
possibles. 

Mark dessine des formes et tous deux,
nous travaillons avec les artisans jusqu’à obtenir la belle forme, la bonne
taille, le juste rapport de proportion d’un élément à l’autre et surtout… la
parfaite finition. ce qui est souvent le plus long. 

Il s’agit là d’un véritable moment de
partage et d’échange avec les artisans. Chacun apprend de l’autre car ce que
nous leur demandons, ils savent le faire, mais ne l’ont jamais fait.

Durant toute cette phase de travail, je
m’attache à simplifier à l’extrême le process de fabrication afin de réduire le
risque d’imperfections. Paradoxalement, il est plus compliqué de faire simple que
l’inverse.

Quels
sont vos pays de prédilection en Asie
 ?


La Birmanie, le Laos, le Cambodge, le Vietnam
(d’où vient ma fille adoptive) et l’Inde.

Invitation à une soirée théâtre 

Samedi 30 novembre 2013

A l’occasion de l’exposition de ce week-end, Le Domaine de Quincampoix vous invite Samedi à 19h00 pour un pot qui précédera une pièce de théâtre et de danse co-produite avec le Théâtre de Saint Quentin. 




Coordonnées: 

Domaine de Quincampoix – Route de Roussigny, 91470 Les Molières

www.domainedequincampoix.com

Atmosphère d’Ailleurs – Thierry Grundman – Gérant

www.atmospheredailleurs.com/fr/contact

tg@atmospheredailleurs.com 


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