Les élus locaux et l'éducation nationale se foutent de nous




Attention, coup de gueule ! Habituellement, je ne parle que de choses qui me plaisent mais cette histoire m'agace tellement que j'avais envie d'en discuter avec vous.

Il s'agit de la réforme des rythmes scolaires. Mes trois enfants sont en maternelle et primaire dans le public à Chatou. Je suis très satisfaite des établissements et des instituteurs. 

Ce qui m'énerve, c'est le non professionnalisme complet de l'éducation nationale. 


Les faits :
  • En mai/juin, l'école primaire prévient l'inspection de l'effectif en baisse
  • Rien n'est fait pendant l'été
  • La veille de la rentrée, une inspectrice se décide à venir compter nos chérubins 
  • Le jour de la rentrée, l'école ouvre avec les 15 classes habituelles (ordre de l'inspection)
  • Tard le soir, l'inspection fait savoir que finalement, après avoir intensément réfléchi pendant deux jours, il serait de bon ton de fermer une classe
  • Résultat, des classes remaniées le troisième jour, des élèves en pleur, une instit à qui on a dit "désolé ma cocotte, on essaiera de te trouver un autre job dans l'académie (peut-être à 50 bornes, mais c'est la vie)".

Imaginez une seconde, si nous étions dans le monde de l'entreprise : 
L'éducation nationale = le PDG
Les instituteurs = les employés
Les élèves = les clients

On peut dire que l'éducation nationale n'a respecté ni ses employés (instits), ni ses clients (élèves). Dans le monde de l'entreprise, l'éducation nationale mettrait la clé sous la porte dans peu de temps.



La blague de la rentrée

La réforme des temps scolaires qui n'est pas bien gérée et les lourdeurs administratives de l'éducation nationale font que l'école publique a perdu des élèves cette année.

Et devinez quels parents ont décidé de se désolidariser de ce système perturbé ? Le maire et certains élus municipaux ont tout bonnement retiré leurs enfants du système public pour les mettre dans l'école privée de la ville. 

Qu'ils le fassent pour des raisons religieuses ou autres, je comprends très bien. Mais pas cette année ! Ils pourraient soutenir les électeurs qui les ont mis au pouvoir en restant solidaire de l'école de la république. D'autant plus que l'année dernière, lors des échanges de préparation entre les instituteurs et la mairie, ils ont juré leurs grands dieux qu'ils allaient tout mettre en place pour réussir ce changement en précisant qu'ils étaient concernés car leurs propres enfants étaient dans le système public.


Alors, pourquoi ont ils passé leurs enfants dans le privé ? Ils étaient au courant, eux, que ça allait être la merde totale à la rentrée. Nous, pauvres parents de base, on ne sait toujours pas quelles vont être les fameuses activités périscolaires mais eux, les élus du peuple, ils ont les infos. Ils n'allaient tout de même pas laisser leurs enfants dans un tel bourbier.

A bon entendeur, salut.


4 commentaires

  1. La différence entre l'EN et une entreprise, c'est que le personnel est recruté à vie (sur épreuves écrite et orale sans justification d'expérience dans l'encadrement de groupes). Après il faut jouer aux chaises musicales. La prof des écoles qui saute de cette école a de fortes chances de rester chez elle jusqu'à la rentrée prochaine. Les élèves ce sont des "clients" qui ne paient rien.

    Quant au privé, la réforme est une véritable porte ouverte, les établissements privés croulaient déjà sous les demandes avant, maintenant certains en sont rendus à faire des tirages au sort. Eux assurent tous les jours la garderie, la cantine, les cours. Jamais de grève. Mais ça se paie.

    L'école à deux vitesses ne se enfin cache plus.

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    1. Ne croyez pas que je n'aime pas le privé. Au contraire j'y ai fait toute ma scolarité et j'aime beaucoup de valeurs partagées dans ces écoles.
      En fait cet article reflète ma ras le bol dans la gestion globale de l'éducation nationale avec les répercussions dans les deux systèmes. Oui, il faudrait une formation pédagogique spécifique pour donner des cours. Oui, il y a beaucoup de grèves dans le public et c'est super pénible. Quant aux élèves/clients, ils paient dans le public via les impôts et une fois supplémentaire dans le privé.

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  2. Ils avaient 2 mois entiers pour s organiser... ce n est pas acceprable.... les instituteurs ne devraient pas attendre la rentree scolaire pour connaitre leur sort et au contraire ils devraient alerter les parents en ne faisant pas greve comme le plus souvent ou ce sont les parents et enfants qui en patissent.... nous ne devrions pas accepter une scolarite à 2 vitesses

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    1. Et oui, l'anticipation pourrait nettement améliorer le sort de tous

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